Gestion technique du bâtiment
Le renvoi s’arrête un article trop tôt
Non. L’article R.175-4 du code de la construction exempte les systèmes reliés à une GTB des contrôles prévus aux articles R.224-31 à R.224-41-3 du code de l’environnement. L’entretien annuel des chaudières de 4 à 400 kW commence à l’article R.224-41-4. Le renvoi s’arrête juste avant.
Chaudières de 4 à 400 kW
Entretien maintenu
Hors du renvoi de l’article R.175-4
Au-delà de 400 kW
Contrôle dispensé
Efficacité énergétique et émissions
La GTB elle-même
Vérifications périodiques
Encadrées par des consignes écrites
Ce que le texte dispense exactement, article par article
L’article R.175-4 du code de la construction et de l’habitation comporte deux alinéas. Le second exempte les systèmes techniques reliés à un système d’automatisation et de contrôle des bâtiments de certains contrôles du code de l’environnement. Toute la question est de savoir lesquels, et le texte le dit par renvoi à des numéros d’articles, jamais par catégories d’équipements.
Ce que le renvoi couvre, article par article
| Renvoi de R.175-4 | Objet du paragraphe visé | Périmètre | Dispensé |
|---|---|---|---|
| R.224-31 à R.224-41 | Contrôle périodique de l’efficacité énergétique | chaudières de plus de 400 kW et de moins de 20 MW | oui |
| R.224-41-1 à R.224-41-3 | Contrôle des émissions polluantes | chaudières visées au même paragraphe | oui |
| R.224-41-4 à R.224-41-9 | Entretien annuel des chaudières | chaudières de 4 à 400 kW | non, hors du renvoi |
| R.224-45 à R.224-45-9 | Inspection des systèmes thermodynamiques et des ventilations combinées à un chauffage par effet joule de plus de 70 kW | systèmes de plus de 70 kW | oui |
Le renvoi s’arrête à R.224-41-3. Le paragraphe de l’entretien annuel commence à R.224-41-4. Un article d’écart, et c’est celui qui porte l’obligation la plus répandue du parc.
Pourquoi la tranche 70 à 290 kW est justement celle qui n’est pas dispensée
Le décret du 26 décembre 2025 a reporté au 1er janvier 2030 l’obligation d’équiper les bâtiments existants dont le système de chauffage ou de climatisation dépasse 70 kW. Cette tranche de 70 à 290 kW est celle qui va s’équiper dans les quatre prochaines années.
C’est aussi, très largement, celle des chaufferies de 4 à 400 kW, c’est-à-dire exactement le périmètre que la dispense ne couvre pas. Pour la majorité des propriétaires qui installeront une GTB d’ici 2030, la réponse est donc simple : votre entretien annuel reste dû, à l’identique.
La dispense joue en revanche pleinement au-delà de 400 kW, où le contrôle périodique d’efficacité énergétique par un organisme accrédité disparaît, ainsi que sur les systèmes thermodynamiques de plus de 70 kW.
Une seconde exception mérite d’être connue, car elle échappe au tableau ci-dessus. Le décret du 7 avril 2023 n’a pas seulement laissé l’entretien annuel des chaudières hors du renvoi : il a aussi maintenu l’entretien biennal des systèmes thermodynamiques dont la puissance nominale est comprise entre 4 et 70 kW, prévu aux articles R.224-44 à R.224-44-5 du code de l’environnement. Le guide d’application du décret BACS publié en janvier 2026 l’écrit sans détour, et il en donne le motif : la présence d’une GTB ne permet pas les mêmes vérifications qu’un entretien. Autrement dit, un propriétaire équipé d’une pompe à chaleur de 50 kW ne trouve son cas dans aucune ligne de dispense, et son entretien reste dû tous les deux ans.
Ce que dit le texte, mot pour mot
« Les systèmes d’automatisation et de contrôle des bâtiments font l’objet, en vue de garantir leur maintien en bon état de fonctionnement, de vérifications périodiques par un prestataire externe ou un personnel interne compétent. Ces vérifications sont encadrées par des consignes écrites données au gestionnaire du système d’automatisation et de contrôle du bâtiment, qui doivent préciser la périodicité des interventions, les points à contrôler et prévoir la réparation rapide ou le remplacement des éléments défaillants de ces systèmes d’automatisation et de contrôle. Les systèmes techniques reliés à un système d’automatisation et de contrôle des bâtiments sont exemptés des contrôles et inspections prévus par les articles R. 224-31 à R. 224-41-3 et R. 224-45 à R. 224-45-9 du code de l’environnement. »
Article R.175-4 du code de la construction et de l’habitation. Version consolidée en vigueur depuis le 9 avril 2023, issue du décret n° 2023-259 du 7 avril 2023, article 5. Lecture faite sur Legifrance le 21 août 2026.
Les deux articles de périmètre lèvent toute ambiguïté sur les puissances. L’article R.224-21 du code de l’environnement vise les chaudières d’une puissance nominale supérieure à 400 kW et inférieure à 20 MW. L’article R.224-41-4 vise celles dont la puissance nominale est supérieure ou égale à 4 kW et inférieure ou égale à 400 kW.
La GTB ajoute-t-elle une obligation d’entretien ?
Oui, et c’est le premier alinéa du même article. Le système d’automatisation et de contrôle fait lui-même l’objet de vérifications périodiques, par un prestataire externe ou par un personnel interne compétent, encadrées par des consignes écrites remises au gestionnaire du système.
Ces consignes doivent préciser la périodicité des interventions, les points à contrôler, et prévoir la réparation rapide ou le remplacement des éléments défaillants. Sur la tranche la plus courante du parc, la GTB ne supprime donc aucun entretien : elle en ajoute un.
D’où vient l’erreur du marché ?
D’une lecture par catégories d’équipements plutôt que par renvois d’articles. La foire aux questions ministérielle, largement relayée, présente la dispense comme couvrant à la fois les chaudières de 4 à 400 kW, celles de plus de 400 kW et les systèmes thermodynamiques. La première de ces trois lignes n’a pas de support dans le renvoi de R.175-4.
À l’inverse, une partie de la presse technique a écrit que le décret du 7 avril 2023 avait supprimé l’exemption. C’est également inexact : l’exemption existe bien, elle est simplement plus étroite que ce qui se publie.
Nous ne citons personne, et la vérification est à la portée de tout lecteur : ouvrir R.175-4, relever les bornes du renvoi, puis ouvrir le paragraphe qui commence juste après la borne haute.
Le report à 2030 vous concerne-t-il ?
Pas nécessairement. Le report ne vise que la quatrième catégorie de l’article R.175-2, les bâtiments existants dont le système dépasse 70 kW. Les bâtiments existants au-delà de 290 kW étaient exigibles au plus tard le 1er janvier 2025, et le neuf suit ses propres échéances, exprimées par le texte en délai après la publication d’un décret et non en date.
À l’intérieur même de cette quatrième catégorie, l’obligation se déclenche lors du renouvellement du système, sans attendre 2030. Un remplacement de générateur en 2027 emporte l’obligation en 2027.
Et l’assujetti n’est pas toujours celui qu’on croit. Le texte désigne le ou les propriétaires des systèmes de chauffage ou de climatisation, pas le propriétaire du bâtiment. C’est le sujet de l’article du mercredi 23 septembre 2026.
Combien coûte une étude GTB sur le marché ?
Prix de marché relevés le 20 août 2026
Relevé public du 20 août 2026, sur quatorze acteurs identifiés. Douze n’affichent aucun prix. Les deux qui affichent donnent un audit de 0,80 à 2,20 euros par mètre carré hors taxes, et pour un audit assorti d’une étude de faisabilité : 1 500 à 3 000 euros hors taxes en dessous de 1 000 mètres carrés, 3 000 à 7 000 euros de 1 000 à 5 000 mètres carrés, 15 000 à 40 000 euros au-delà de 15 000 mètres carrés.
En multi-sites, le prix relevé par site supplémentaire est de 800 à 2 000 euros hors taxes. Deux acteurs sur quatorze ne font pas un marché : ces montants sont un repère, pas une référence.
Un point à connaître avant de commander : la plus grande partie de ces études est financée par la prime versée au titre des certificats d’économies d’énergie. Ce mécanisme, et son effet sur la conclusion de l’étude, font l’objet de l’article du mercredi 30 septembre 2026.
Questions fréquentes
Pour aller plus loin
Cet article est documentaire. Il ne renvoie vers aucune prestation liée à la gestion technique du bâtiment.
Sources primaires
- Article R.175-4 du code de la construction et de l’habitation, vérifications périodiques et exemptions.
- Article R.175-2 du même code, assujettissement, seuils et échéances.
- Article R.224-21 du code de l’environnement, chaudières de plus de 400 kW et de moins de 20 MW.
- Article R.224-31 du même code, contrôle périodique de l’efficacité énergétique.
- Article R.224-41-4 du même code, entretien annuel des chaudières de 4 à 400 kW.
- Arrêté du 7 avril 2023, texte consolidé.
Prix de marché : relevé public réalisé le 20 août 2026 sur quatorze acteurs. Aucun acteur n’est nommé.

